Le marché italien du vélo : les chiffres 2025 expliqués
Le marché italien du vélo en 2025 : 1,3 million d'unités vendues (-4 %), vélos électriques à 20 % du vendu, filière à 2,5 milliards d'euros expliqués.
Le marché italien du vélo a clôturé 2025 à 1,303 million d'unités vendues, en baisse de 4 % sur l'année précédente. Prise isolément, cette donnée ne dit pas grand-chose : c'est un léger recul après deux années bien plus rudes. Pour comprendre où va réellement le marché italien du vélo, il faut la lire au regard de la dernière décennie, et non comme un chiffre autonome.
Une décennie en trois actes
Le premier acte fut la lente montée d'avant-Covid, où les vélos électriques commençaient à gagner du terrain tandis que les vélos musculaires dominaient encore. Le deuxième fut l'explosion de 2020 : le boom pandémique a poussé les ventes à 2,01 millions d'unités, en hausse de 17 % sur un an, porté par les primes à la mobilité et un appétit soudain pour le transport individuel. Le troisième acte — celui que nous vivons encore — est la correction d'après-boom, plus sévère que prévu : -10 % en 2022 (1,7 million d'unités), -23 % en 2023 (1,36 million), avant de se stabiliser à 1,303 million en 2025, un -4 % qui ressemble davantage à un atterrissage qu'à une nouvelle chute libre.
La comparaison qui compte n'est pas vraiment 2025 contre 2024, mais 2025 contre 2020 : le marché a perdu plus d'un tiers de son volume depuis le pic pandémique. Quiconque a dimensionné ses stocks, son personnel et ses investissements sur les chiffres de 2020-2021 le paie encore aujourd'hui.
Les vélos électriques : la seule courbe qui monte encore
Dans un marché en recul, les vélos électriques sont le seul segment à aller en sens inverse. L'Italie a vendu 56 200 vélos électriques en 2017 ; ce chiffre a bondi de 120 % pour atteindre 124 000 la même année, et leur part dans le total des ventes n'a cessé de grimper depuis — environ 10 % en 2017, autour de 20 % aujourd'hui. C'est une tendance que l'Italie partage avec le reste de l'Europe, et déjà plus avancée ailleurs : en Allemagne, les vélos électriques ont dépassé les vélos musculaires en 2024, atteignant 53 % des unités vendues. Si le marché italien suit une trajectoire similaire, les vélos électriques cessent d'être ici aussi un segment de niche pour devenir, en quelques années, le produit de référence.
Ce n'est pas un détail pour la filière. Les vélos électriques affichent un prix moyen plus élevé, mais ils apportent aussi des pièces spécifiques à la catégorie — moteurs, batteries mesurées en Wh, plateaux dédiés — et une gestion des garanties que le secteur, en 2026, qualifie ouvertement de casse-tête opérationnel numéro un.
La valeur s'est contractée plus vite que le volume
Les unités vendues sont en baisse, mais le chiffre d'affaires total de la filière a reculé encore davantage : de 3,2 milliards d'euros en 2022 à environ 2,5 milliards en 2025. Les marges ont subi la même compression, passant de 7,6 % en 2021 à 3,2 % en 2023. En clair, le secteur vend moins et conserve proportionnellement moins sur chaque euro vendu — héritage du surstock d'après-Covid, quand en 2022 près de 40 % des produits commandés n'ont jamais été réellement livrés, avec des délais s'étirant jusqu'à 24 mois.
Ce qui maintient les magasins à flot
Au cœur de ces chiffres se cache le détail qui explique pourquoi beaucoup de magasins de vélos ne se contentent pas de survivre mais restent réellement solides : l'atelier. Le service après-vente pèse jusqu'à 60-90 % du chiffre d'affaires des magasins spécialisés et environ 70 % de leur bénéfice réel, au point que, en 2026, le secteur affirme sans détour que sans les revenus de l'atelier, beaucoup de magasins seraient dans le rouge. Ce n'est pas un cas marginal : 95 % des quelque 4 000 magasins de vélos italiens (4 012 en 2025) font de la réparation, et les vélos électriques représentent désormais environ trois quarts des vélos qui franchissent la porte de l'atelier.
Le marché italien du vélo en 2025, donc, est un marché qui vend moins d'unités et génère moins de chiffre d'affaires, mais dont le centre de gravité se déplace de la vente vers le service — au moment précis où le produit qui atterrit le plus souvent sur l'établi, le vélo électrique, est aussi le plus difficile à gérer techniquement.
Pour les magasins prêts à lire ces chiffres comme une opportunité plutôt que comme une alarme, avoir les ordres de travail, le stock de pièces et le suivi des garanties dans un seul système, c'est ce qui distingue subir la transition de la piloter. C'est exactement le terrain sur lequel travaille CrankPal : une plateforme conçue pour mettre l'atelier, et pas seulement la vente, au centre de l'activité du magasin.
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